Le règlement d’exécution (UE) 2025/2575 de la Commission du 18 décembre 2025 organise le retrait du marché de plusieurs additifs destinés à l’alimentation animale.
Le texte concerne notamment de nombreux extraits végétaux et huiles essentielles jusqu’alors utilisés comme substances aromatiques ou apéritives. Parmi les substances citées figurent des préparations à base d’olive, de raisin, de thym, de camomille, de mélisse, de lavande ou encore de yucca.
Publié au Journal officiel de l’Union européenne le 19 décembre 2025, le règlement est entré en vigueur le 8 janvier 2026. Des périodes transitoires sont néanmoins prévues pour une partie des additifs concernés, ainsi que pour les prémélanges et aliments déjà produits avec ces substances.
Les additifs visés avaient initialement été autorisés sous le régime de l’ancienne directive 70/524/CEE concernant les additifs dans l’alimentation des animaux.
Le règlement (CE) n° 1831/2003 a ensuite imposé la réévaluation de ces anciennes autorisations. Pour pouvoir rester sur le marché, les opérateurs concernés devaient déposer un dossier de réévaluation dans les délais prévus.
Le règlement (UE) 2025/2575 concerne ainsi des additifs :
Le retrait réglementaire de ces additifs ne signifie donc pas nécessairement qu’un nouveau risque pour les animaux, les consommateurs ou l’environnement a été identifié. Il résulte avant tout de l’absence de dossier permettant de maintenir leur autorisation européenne.
Le règlement précise d’ailleurs que leur retrait n’empêche pas qu’ils puissent ultérieurement faire l’objet d’une nouvelle autorisation ou d’une autre mesure concernant leur statut réglementaire.
Le retrait concerne tout d’abord la cellulase EC 3.2.1.4 produite par Trichoderma longibrachiatum ATCC 74252, également désignée comme une endo-1,4-bêta-glucanase produite par Trichoderma reesei ATCC SD-6331.
La majorité des substances concernées sont d’anciens additifs classés parmi les substances aromatiques et apéritives de constitution botanique définie.
Sont notamment retirés pour toutes les espèces :
Deux substances aromatiques chimiquement définies sont également concernées : le cis-2-nonén-1-ol et le 2-propionylthiazole.
La partie 2 du chapitre I.A prévoit également des retraits limités à certaines espèces ou catégories d’animaux.
Dans ce cas, le retrait ne vise que les espèces mentionnées dans l’annexe.
L’analyse ne doit donc pas être réalisée uniquement à partir du nom de l’additif : il faut également vérifier l’espèce de destination et la forme exacte de la préparation.
Le règlement retire également deux substances aromatiques chimiquement définies, mais uniquement pour les animaux familiers autres que les chats et les chiens.
L’annexe ne retire pas indistinctement toutes les préparations provenant d’une même plante. Elle vise des entrées réglementaires précises, définies notamment par :
Le cas du thym illustre cette nécessité de précision. L’extrait aqueux de thym est retiré pour toutes les espèces, tandis que le retrait de l’extrait de thym à base de solvant ne concerne que certaines catégories animales.
Une huile essentielle, une teinture et un extrait aqueux provenant de la même plante ne doivent donc pas être considérés comme réglementairement interchangeables.
Afin de laisser le temps aux entreprises d’adapter leurs formulations et d’écouler les produits déjà fabriqués, le règlement (UE) 2025/2575 prévoit plusieurs mesures transitoires. Ces dispositions concernent uniquement les additifs listés au chapitre I.A, c’est-à-dire ceux qui bénéficiaient auparavant d’une autorisation sans limitation de durée.
En revanche, ces mesures transitoires ne s’appliquent pas aux additifs mentionnés au chapitre I.B du règlement. Cette partie concerne plusieurs autorisations temporaires déjà expirées (notamment certaines enzymes et un micro-organisme destiné aux poules pondeuses), pour lesquelles aucun délai supplémentaire n’est prévu.
Pour les fabricants d’additifs, de prémélanges et d’aliments composés, ces échéances doivent être anticipées afin de :
Cette anticipation est essentielle pour éviter toute non-conformité lors des contrôles officiels ou des audits qualité.
L’interprétation du règlement ne peut pas se limiter à une recherche par nom de plante. Elle nécessite de comparer la préparation réellement utilisée avec l’entrée réglementaire concernée, son procédé de fabrication, son statut et ses espèces de destination.
Djinco accompagne les entreprises de l’alimentation animale dans :
Vous utilisez des extraits végétaux ou des substances aromatiques dans vos produits ?
Une revue réglementaire permet de déterminer précisément si vos ingrédients sont concernés par le règlement (UE) 2025/2575 et quelles actions doivent être engagées.
Le retrait n’est pas nécessairement lié à un problème de sécurité. Dans la majorité des cas, il résulte de l’absence de demande de réévaluation ou du retrait de cette demande dans le cadre du règlement (CE) n° 1831/2003. Sans dossier de renouvellement, la Commission européenne ne peut pas maintenir l’autorisation de mise sur le marché.
Pas systématiquement. Le règlement retire certaines préparations spécifiques d’olive (Olea europaea L.) et de peau de raisin (Vitis vinifera L.) utilisées comme additifs aromatiques. En revanche, cela ne signifie pas que tous les produits issus de l’olive ou du raisin sont interdits. Le statut réglementaire dépend de la nature du produit, de son procédé de fabrication, de sa fonction et de son mode de commercialisation.
Le règlement concerne l’ensemble des acteurs de la filière de la nutrition animale : fabricants d’additifs, producteurs de prémélanges, fabricants d’aliments composés, entreprises de pet food, distributeurs, importateurs ainsi que les responsables qualité, formulation et affaires réglementaires.
Le nom de la plante ne suffit pas pour répondre à cette question. Il faut vérifier la préparation utilisée, la fonction du produit, les espèces animales concernées et le statut réglementaire applicable. Une analyse réglementaire permet de déterminer précisément si un ingrédient est concerné par le règlement (UE) 2025/2575 ou s’il peut continuer à être utilisé conformément à la réglementation européenne.